L’arbre qui cache la forêt

L’adultère commis par une femme est une conduite que la société condamne et condamne fortement,

peut-on lire dans la décision d’un tribunal portugais, qui explique

comprendre la violence de l’homme, victime de cette trahison après avoir été vexé et humilié par sa femme.

Dans la Bible nous pouvons lire que la femme adultère devait être punie par la peine de mort, 

rappelle le texte qui cite également la lapidation de femmes infidèles dans certaines sociétés et une loi portugaise de 1876 prévoyant des peines légères à l’encontre d’un homme qui tuait sa femme coupable d’adultère.

Au cours de la semaine qui a suivi ce jugement, quelques médias ont relayé l’information, mais aujourd’hui, en interrogeant Google sur la question, je me rends compte que les articles traitant ce sujet sont fort peu nombreux, et noyés parmi bien d’autres nouvelles.

J’essaie de comprendre.

Même si le verdict me semble tout à fait inadéquat, je me dis que cette dame a déjà eu la « chance » de voir sa plainte aboutir à un procès.

De multiples questions se poseront encore longtemps.

Combien sont celles dont la douleur s’arrête à la porte du domicile conjugal, dans les couloirs du commissariat ou de l’hôpital, au Portugal, en Europe, dans le monde ?

Pourquoi l’entourage familial, le voisinage, tous ceux qui sont au courant de la situation, se taisent-ils pendant des années, parfois ?

Comment les médias européens osent-ils s’insurger contre des jugements prononcés en Arabie Saoudite ou en Chine alors qu’ils passent celui-ci presque sous silence ? Comment une référence aussi inadéquate à la Bible ne provoque-t-elle pas une levée de boucliers médiatique ?

La seule réponse qui me vient à l’esprit est qu’il s’agit d’une question de lectorat ou d’audimat. Je ne puis, dès lors, m’empêcher de faire un parallèle avec la campagne « balance ton porc » qui fait fureur depuis plusieurs semaines, tant dans la presse écrite que dans de nombreux débats télévisés.

On parle beaucoup des personnalités publiques salies par les dénonciations de cette campagne : la honte s’est abattue sur tous ces mâles qui ont profité de la situation, les femmes ont enfin libéré leur parole, on entre dans une autre ère.

Ah oui ? Pas pour tout le monde ! L’histoire ne dit pas encore — et ne dira peut-être jamais — comment évolue la situation de toutes ces femmes qui, harcelées au quotidien, n’ont pas accès à tout ce battage médiatique.

Dans les deux cas, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Quelle est la sortie de secours pour toutes les autres ?

J'écris

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