Trois baisers, Katherine Pancol

« Trois baisers » est la suite de deux trilogies, entamées avec « Les yeux jaunes des crocodiles ».  J’y ai retrouvé, mais de façon exacerbée, les acteurs et les thèmes abordés dans les volumes précédents : un univers manichéen, des situations caricaturées à outrance; la réussite est hautaine, agressive, brutale; la méchanceté manque de nuances; les personnages « normaux » s’effacent de plus en plus.  Un semblant de fin à l’eau de rose fait mourir les méchants, et donne un espoir aux autres.  Soit.

Comme dans les trois « Muchachas », la violence familiale est traitée sous plusieurs angles : l’inceste, le viol, les coups, le harcèlement moral, les séquelles physiques et psychologiques chez les victimes, sans oublier la lâcheté des témoins et le fils rejeté par son père parce qu’il est homosexuel.

Par les temps qui courent, ces piqûres de rappel ne sont pas superflues.

L’auteur transgresse en permanence la frontière très subtile entre le surréalisme et l’invraisemblance, et ça ne me plait pas du tout.  Question de goût ?

Ce roman me laisse à bout de souffle.  Je ne veux pas dire par là que je l’ai dévoré d’une traite, en oubliant tout ce qui se passait autour de moi.  Non.

« A bout de souffle », parce que Katerine Pancol nous abreuve de descriptions débitées en une multitude de phrases très courtes (censées imprimer un rythme rapide au récit) qui m’ont souvent donné l’impression, de ne jamais vouloir s’arrêter.  Le livre est épais, parce que truffé de ces descriptions, mais je suis restée sur ma faim en termes d’émotions.

Si je n’avais pas lu les six premiers, je crois que je n’aurais pas terminé ce bouquin-ci, impossible à comprendre sans avoir tout lu; le lexique final et les renvois récurrents aux titres précédents ne constituent qu’une aide toute relative.

Cette lecture s’est révélée particulièrement inconfortable; il m’est arrivé à plusieurs reprises de relire quelques pages en arrière pour me situer dans le récit, surtout après les « pauses ».

Suis-je une lectrice différente depuis la parution de « Les yeux jaunes des crocodiles » ? Ou Katherine Pancol essaie-t-elle de rebattre des recettes à succès avec des ingrédients périmés ? Toujours est-il que, si ce roman est le premier d’une nouvelle trilogie, je passerai mon chemin pour les épisodes suivants.

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