L’amour et les forêts, Eric Reinhardt

Si je devais résumer d’un seul adjectif l’impression que m’a laissée ce bouquin, je dirais « puissant ».

En partie, parce que je l’ai découvert en lecture audio, dans ma voiture : portes et fenêtres closes, impossible de fermer les yeux quand la violence du récit devenait trop insupportable.

L’auteur nous décrit patiemment l’entreprise de démolition d’une femme par son homme, dangereux pervers narcissique.

Point de grandes théories ni d’analyses générales, non, rien que de petits détails décrits avec insistance, dans un français impeccable, même si un peu empesé.

Tout y est, mais pas nécessairement dans l’ordre chronologique : une jeune femme joyeuse et insouciante, des déboires amoureux, puis l’union avec un homme qui n’était pas fait pour elle et qui, au fil du temps, la ronge de l’intérieur, la tête, le corps, comme des termites.

L’isolement progressif dans lequel il la plonge est terrible, au point qui ni ses collègues, ni sa famille, pas même sa soeur jumelle, ne se rendent compte de ce qui arrive à Bénédicte Ombredanne (nom et prénom répétés des centaines, voire des milliers de fois, comme pour enfoncer encore mieux le clou dans les tripes du lecteur).

Très souvent, je me suis demandé pourquoi elle ne profitait pas de telle ou telle occasion pour tenter de briser l’emprise, de se libérer.  Plusieurs fois, je me suis dit que son entourage aurait dû se montrer plus assertif : son amant de six heures de bonheur, son psychiatre de deux semaines de repos, sa jumelle qui a eu l’impression, pendant treize longues années, que les deux soeurs ne se cachaient rien…  pourquoi n’ont-ils rien fait ? Comment en sont-ils arrivés à craindre le mari de Bénédicte quasi autant qu’elle ? Une des dernières scènes du roman est d’un surréalisme inimaginable.

Le titre est trompeur, parce qu’il semble promettre une romance, alors que le lecteur plonge rapidement dans un enfer quotidien.

Angoissés, s’abstenir : à lire uniquement quand on a le moral et qu’on est assez solide dans la tête pour résister.

Je me promets de lire quelques ouvrages plus légers dans les prochaines semaines 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s