Notre nid

Ce matin d’été, je suis installée sur ma terrasse, et je m’éveille en même temps que le jour.

Le café chaud dégage un arôme auquel je ne peux résister, et je sirote lentement cette première tasse en parcourant distraitement la presse quotidienne. L’humidité de la rosée s’évapore avec les premiers rayons du soleil.  Dans le potager, j’ai cueilli quelques fraises qui fondent dans la bouche, répandant leur goût sucré jusque dans la gorge.

J’observe l’activité intense à ma gauche, dans la haie sauvage :  merles, mésanges, sittelles, bouvreuils et rouges-gorges se livrent à un ballet incessant pour aller nourrir les petits qui pépient d’impatience. Le pic épeiche tambourine dans le robinier, tandis que le pinson et la grive musicienne chantent à tue-tête au sommet des hêtres et des chênes.  Au loin, un coucou et l’angélus du matin se font mutuellement écho.

Deux écureuils font la course au sommet des arbres ; le ruissellement de la petite cascade de l’étang m’apaise ; je me sens juste bien, heureuse de vivre dans cette petite maison que nous avons choisie et rénovée à deux.

Et je me souviens…

Quand les escaliers de notre maison liégeoise sont devenus incompatibles avec la santé de mon homme, nous sommes partis à la recherche d’un plain-pied ; pendant près de deux ans, nous avons sillonné la Hesbaye et le Condroz, visité une vingtaine de bungalows, en vain.

Celui-ci était en vente depuis longtemps quand une baisse de prix l’a fait apparaître dans le moteur de recherche : parfaitement adapté pour une personne à mobilité réduite, il est situé dans un écrin de verdure à l’orée d’une forêt, et est entouré d’un beau jardin.  Dès la lecture de l’annonce, nous avons eu l’impression qu’il était fait pour nous, qu’il nous attendait.

En parlant avec les voisins, nous avons compris que l’histoire de cette maison avait été chaotique depuis sa construction ; trois propriétaires nous ont précédés en laissant chacun leur empreinte, ce qui rendait l’ensemble très hétéroclite.

Nous y avons donc emménagé en imaginant ce qu’elle pouvait devenir ; nous ne mesurions pas tout à fait l’ampleur de la tâche qui nous attendait, mais nous étions bien décidés à en faire notre nid douillet.

Ramener la lumière dans notre maison a été notre premier objectif : nous nous sommes séparés sans regret de l’horrible haie de thuyas brise-vue, et des dizaines de sapins de Noël méticuleusement plantés depuis une cinquantaine d’années.  Nous avons ainsi récupéré les rayons du soleil d’Est en Ouest.

À l’intérieur, des espaces ont été ouverts, un  parquet clair a remplacé l’affreux carrelage, la cuisine et la salle de bains ont été aménagées à notre goût, les murs foncés ont été repeints de couleurs chaudes et claires.

Nous sommes maintenant dans notre cocon, bien chaleureux en hiver, ouvert sur l’extérieur à toutes les saisons.

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