Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt

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A la lecture de ce livre, on pourrait imaginer que, pour écrire un best-seller, il suffit de rassembler quelques ingrédients et de les mettre en forme. Dans ce cas-ci : énoncer successivement une multitude d’aphorismes extraits des entretiens de Confucius, quelques notions d’histoire de Chine, et un peu d’imagination pour donner corps à des personnages imaginaires.

Entre la recette et le best-seller, il y a le talent de l’auteur, qui nous emmène dans son histoire, dont nous ne sortons pas indemnes.

Le mensonge est décliné sous toutes ses formes ; chaque synonyme apporte, en réalité, de subtiles nuances qui nous permettent de douter, et de nous approprier le sens de ce que je pourrais appeler une fable. J’ai relevé :

mensonge, esbroufe, baratin, duplicité, jactance improvisée, fantasmagorie, élucubrations, bobards, dissimulation, affabulation, fanfaronnade, délire, canular, bluff, leurre, fourberie, mythomanie, hallucination, fumisterie.

Toutes ces subtilités concernant le mensonge nous le rendent progressivement sympathique, alors que la vérité est d’emblée condamnée, de façon nettement moins nuancée :

elle déçoit, manque d’intérêt, blesse, n’a guère l’allure du vrai.

La dernière phrase arrive donc comme une évidence :

« La vérité m’a toujours fait regretter l’incertitude ».

Beau pied de nez à la morale judéo-chrétienne dans laquelle nous avons baigné dès notre plus tendre enfance ; belle démonstration aussi du fait qu’en visant le « juste milieu », chacun de nous recherche le subtil équilibre qui lui permettra une vie entre pansement des blessures et épanouissement.

Eric-Emmanuel Schmitt use et abuse des procédés d’amplification dans bon nombre de ses bouquins, sans arriver à nous lasser.

Ainsi :

– Madame Ming n’énonce pas les prénoms de ses enfants ; elle affiche un sourire béat pour les répéter, les psalmodier, les roucouler… 

– de simples taches deviennent des taches de gras, taches de sauce, taches de thé, taches de cambouis ;

– les vêtements sont une chemise, un polo, un pull…

Tout un art dont je souhaite m’inspirer dans mon cheminement d’apprentie auteure, quelle que soit mon orientation future.

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